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le divorce et les enfants

vendredi 19 novembre 2010


Repenser la garde des enfants du divorce. La résidence alternée doit s'étendre. Le mode de garde des enfants s'impose comme une nouvelle question de société.



Par lemonde.fr du 12/11/2010


La résidence alternée doit s'étendre


L'autorité parentale appartient aux père et mère jusqu'à la majorité ou l'émancipation de l'enfant pour assurer son éducation et permettre son développement » (article 371-1 du code civil). La loi définit ainsi l'engagement consenti par le père et la mère en vue de l'éducation de leurs enfants.

Depuis plusieurs années, notre pays connaît un nombre de divorces élevé et constant (70 000 par an impliquent des enfants mineurs). Dans le même temps, les pères séparés entendent, de plus en plus, avoir une place à part entière dans l'éducation de leurs enfants.

En 2006, Anne-Marie Lemarinier, responsable du service des affaires familiales au tribunal de grande instance de Paris, reconnaissait d'ailleurs « une évolution récente allant dans le sens d'une forte implication des pères séparés dans les soins donnés à leurs enfants ». La convergence de ces deux phénomènes aboutit à un constat simple : le mode de garde des enfants s'impose comme une nouvelle question de société.

Si la résidence monoparentale est le modèle le plus répandu, la loi du 4 mars 2002 a permis d'introduire la résidence alternée comme mode de garde alternatif. Cependant, ce modèle reste marginal et représente, en 2009, moins de 13 % des modes de garde, l'âge moyen de l'enfant étant de 9 ans. Il est légitime de s'interroger sur les raisons de cette faible utilisation. La loi de 2002 laisse une très grande liberté au juge aux affaires familiales dans ses choix. Il est toutefois difficile en deux, voire trois auditions, de se faire un avis définitif sur le meilleur mode de garde pour un enfant. Cela est malheureusement souvent le cas.

La résidence alternée est peu mise en place, car une prime est donnée au parent qui y est le plus réticent. Lorsqu'un parent s'oppose à la résidence alternée, elle n'est quasi systématiquement pas appliquée. En effet, les considérations personnelles de chacun des parents prennent fréquemment le pas dans les discussions sur l'hébergement des enfants.

Les tensions du couple, qui ont existé pendant plusieurs années, et qui sont à leur paroxysme, ne s'estompent pas du jour au lendemain. L'adhésion des deux parents à la proposition de résidence alternée ne se rencontre pas toujours, mais comme l'écrivent Jean Le Camus, professeur de psychologie, et Michèle Laborde, juge aux affaires familiales : « Il n'est pas nécessaire que les parents soient parfaitement d'accord pour mettre en place un tel régime et il faut pouvoir empêcher un parent (la mère le plus souvent) de s'opposer à la garde alternée pour de mauvaises raisons (la volonté d'appropriation exclusive de l'enfant notamment). » Dans beaucoup de cas, le juge aux affaires familiales va refuser une résidence en alternance au motif que les parents ne s'entendent pas, mais lorsque l'on divorce c'est toujours le cas.

Aujourd'hui, il n'est pas possible de dissocier, pour des personnes en conflit ouvert, l'affect de la raison. C'est pourquoi des séances de médiation, utilisée actuellement dans moins de 4 % des cas, permettraient de mettre la passion de côté et de recentrer les esprits sur l'intérêt de l'enfant. En effet, un moyen d'apaiser les conflits serait d'automatiser la médiation afin que les parents puissent retrouver un équilibre stable pour l'enfant. On ne peut nier que l'évolution de la société a poussé à plus d'implication de la part des pères, ils sont aujourd'hui de plus en plus nombreux à vouloir tenir pleinement leur rôle malgré un divorce ou une séparation.

De nombreux pays européens ont d'ailleurs déjà mis en place des politiques qui vont dans ce sens comme l'Italie, la Belgique ou les Pays-Bas. L'Italie fait, dans ce domaine, figure d'exemple, qui a défini, depuis 2006, la résidence alternée comme solution prioritaire en cas de séparation des parents. Si un juge souhaite une garde monoparentale, il devra justifier son choix. Depuis cette réforme, la résidence en alternance représente 40 % des modes de garde d'enfants dans ce pays. La Belgique a également fait voter une loi dans ce sens disposant qu'à défaut d'accord l'hébergement alterné serait privilégié par les juges.

Construction d'un enfant

Ces deux exemples montrent qu'inverser la charge de la preuve est une piste de réflexion intéressante, car il reviendrait au parent réticent d'expliquer son opposition. La question n'est pas de généraliser la résidence alternée, mais de remettre l'enfant au centre du débat en lui offrant la possibilité, si les conditions sont réunies (notamment l'âge de l'enfant supérieur à 2 ans et demi), d'être élevé par ses deux parents, car nous défendons l'idée que la construction d'un enfant se fait en présence de ses deux parents.

Nous pensons qu'il est nécessaire de traiter avec une plus grande égalité les demandes des deux conjoints, et ce même si l'un des deux s'oppose à la résidence en alternance. Ce phénomène est malheureusement très peu traité alors qu'aujourd'hui, dans notre pays, des mères, des pères, mais surtout des enfants, souffrent de cet état de fait.

N'oublions pas que la rupture du lien avec l'un de ses parents est pratiquement irréversible et frappe à vie l'enfant devenu adulte. Dans une société où les individus sont en manque de repères, un débat doit s'ouvrir autour de ces questions afin que les enfants vivent au mieux ces situations difficiles.

L'efficacité d'une bibliothérapie selon la Thérapie d'Acceptation

mardi 17 août 2010



L'efficacité d'une bibliothérapie selon la Thérapie d'Acceptation et d'Engagement pour augmenter la santé psychologique des étudiants universitaires japonais vivant à l'étranger



Par Muto, T., Hayes, S.C., & Jeffcoat, Behavior Therapy 08/2010


M
uto, T., Hayes, S.C., & Jeffcoat, T. « L'efficacité d'une bibliothérapie selon la Thérapie d'Acceptation et d'Engagement pour augmenter la santé psychologique des étudiants universitaires japonais vivant à l'étranger ». Behavior Therapy.

Résumé de l'article à apparaître prochainement.

« Des étudiants venant de l'étranger ressentent souvent une détresse psychologique significative mais les programmes empiriquement validés sont peu nombreux. Une bibliotherapie largement distribuée peut fournir une approche rentable et efficace. Environ la moitié des étudiants japonais d'une université occidentale aux Etats-Unis (N = 70) ont été, de façon aléatoire, soit inscrits sur une liste d'attente, soit ont reçu une traduction en Japonnais d'un livre grand public sur la Thérapie d'Acceptation et d'Engagement (ACT). Bien que recruté sans avoir considéré l'état de santé, l'échantillon des participants était en détresse importante: presque 80% avaient des symptômes cliniques significatifs selon une ou plusieurs échelles. Après que le premier groupe a eu deux mois pour étudier le livre et après une période de « follow-up » de deux mois, les participants de la liste d'attente ont également reçu et étudié ensuite le livre.

Les étudiants ayant étudié le livre ont montré une santé mentale générale sensiblement meilleure après deux mois d'étude et au « follow-up ». Les étudiants modérément déprimés ou stressés, et les étudiants avec une anxiété sevère ont obtenu une amélioration significative (la grande majorité des personnes qui avaient des symptômes cliniques étaient sous-cliniques à la fin de l'étude) comparée à ceux qui n'avaient pas reçu le livre. Ces résultats se sont répétés quand les participants de la liste d'attente ont finalement reçu et étudié le livre.
Les améliorations des résultats ont été liées à la qualité de l'étude et de la compréhension du modèle de l'ACT décrit dans ce livre. Les résultats obtenus sont attribuables aux changements en « flexibilité psychologique » selon une échelle qui mesure l'évitement expérientiel et l'acceptation; ils étaient modérés par le niveau de la flexibilité initiale (les personnes avec un score de flexibilité psychologique plus élevé s'étaient relativement moins améliorées).
De façon générale, les données suggèrent qu'une bibliothérapie selon l'ACT a amélioré la santé mentale et la flexibilité psychologique des étudiants internationaux japonais. »

Infos supplémentaires de S Hayes:

« Plus de la moitié des étudiants japonais ici à Université de Reno nous a contacté et a participé à cette étude. C'est donc une étude basée sur une population donnée, plutôt qu'une étude des personnes qui cherchent de l'aide. C'est la première étude d'intervention que nous avons pu trouver, destinée à aider l'étudiant à traiter l'impact psychologique des différences culturelles, la perte de contact avec leur familles, les problèmes linguistiques, etc auxquels les étudiants internationaux doivent faire face. Chacun sait que c'est un grand problème… mais parce que la plupart de ces étudiants, en partie pour des raisons culturelles ne cherchent jamais de l'aide, ils ne sont pas habituellement mis en contact avec des méthodes psychologiques qui pourraient les aider.»

Les jeux en ligne sont probablement plus addictifs que dans les casinos

vendredi 16 juillet 2010


''Les jeux en ligne sont probablement plus addictifs que dans les casinos'' selon Marc Valleur, psychiatre, est médecin chef de l'hôpital Marmottan à Paris, centre de soins et d'accompagnement des pratiques addictives.



Par Propos recueillis par Martine Laronche, lemonde.fr du 02/07/2010

M
arc Valleur, psychiatre, est médecin chef de l'hôpital Marmottan à Paris, centre de soins et d'accompagnement des pratiques addictives.

Un décret du 30 juin autorise le poker en ligne, trois semaines après l'ouverture du marché français aux paris sportifs et hippiques. Cette nouvelle législation va-t-elle accroître le nombre de personnes dépendantes ?

Cette ouverture à la concurrence va d'abord accroître les problèmes d'addiction et d'abus à ces jeux, en raison de l'importance de la publicité qui leur est consacrée et qui s'adresse à un public très large. Pendant le Mondial, les commentateurs des matches donnent même la cote des équipes, comme si chaque spectateur était un parieur. Soudain, le fait de parier devient la norme. Cela va inciter ceux qui n'étaient pas joueurs à entrer dans le jeu, et ceux qui l'étaient déjà à jouer davantage. Une addiction met du temps à se constituer. On en verra les effets dans deux ou trois ans.

Par ailleurs, les jeux en ligne sont probablement plus addictifs que les jeux "en dur", comme dans les casinos. Ils sont d'une accessibilité sans limite : on peut jouer à tout moment. La fréquence de jeu est renforcée car on peut passer, en un clic, d'un jeu à un autre. Et le fait qu'on puisse jouer en ligne chez soi, en buvant de l'alcool et en fumant, constitue une circonstance aggravante.

Etes-vous opposé à cette loi ?

Non, je la trouve intéressante. Elle permet de faire clairement émerger un problème pour lequel les pouvoirs publics ont, pendant longtemps, adopté la politique de l'autruche. La loi affirme comme objectif la protection des mineurs et la lutte contre les addictions, ce qui pourrait faire émerger un débat de société sur ces questions. De plus, elle institue un suivi avec une clause de réexamen dans un délai de dix-huit mois. C'est à ce moment-là qu'on pourra juger de son efficacité.

Avec le monopole d'Etat, on était dans une situation où l'opérateur et le régulateur étaient confondus. Cela est préjudiciable car, comme un opérateur privé, l'Etat peut avoir besoin d'argent.

L'introduction des jeux en ligne ne risque-t-elle pas d'attirer un public plus jeune ?

C'est un risque, mais la loi est faite pour protéger les mineurs et mieux contrôler. Elle oblige une vérification d'identité précise et un suivi des usagers. Les sites de jeu devront signaler aux joueurs s'ils dérapent et ces derniers pourront limiter leur mise. Aujourd'hui, des milliers de gens jouent illégalement sans garde-fous. On peut espérer qu'en créant une offre légale correcte, l'Etat va renforcer la lutte contre les sites illégaux. Une fois que l'on aura fait connaître les sites légaux et que les sites illégaux auront disparu, l'Etat aura intérêt à limiter la publicité et à interdire certaines pratiques qui incitent au jeu, comme les bonus gratuits : on vous donne 100 euros, à condition que vous les jouiez.

Quelles sont les spécificités de l'addiction aux jeux d'argent comparées à celles des addictions à la drogue ?

Les addictions aux jeux d'argent ne sont considérées comme une maladie que depuis 1980. Elles existent pourtant depuis très longtemps. Déjà, en 1561, un traité thérapeutique avait pour objet d'aider les gens à arrêter le jeu compulsif. Mais la notion d'addiction sans drogue reste contestée par certains neurobiologistes.

En fait, l'addiction aux jeux d'argent ressemble beaucoup à une dépendance aux excitants, comme la cocaïne ou les amphétamines. Il n'y a pratiquement pas de dépendance psychique, mais quand l'usager arrête, il est la proie d'une impulsivité irrésistible à recommencer. On arrête facilement un court laps de temps, trois jours, trois mois, mais à la première occasion on replonge.

Le joueur accro aux jeux d'argent arrive à s'endetter de façon extrême, car il retarde très longtemps sa décision d'arrêter, dans l'espoir de se refaire. Il sait que s'il arrête, il lui faudra des années pour rembourser, qu'il risque de se retrouver seul, coupé de ses proches à qui, souvent, il a emprunté de l'argent en mentant. Arrêter est une décision très difficile à prendre. Mais en la reculant, le joueur ne fait qu'aggraver sa situation.

Une étude médicale, effectuée à Hongkong et publiée en avril 2009 dans le Journal of affective disorders, révèle un taux de suicide très important chez les joueurs pathologiques confrontés à des dettes ingérables. Ces joueurs sont particulièrement vulnérables à la dépression.

Quel est le profil du joueur pathologique ?

Il y a trois grands types de profils. Souvent, le joueur pathologique est plutôt un homme jeune, qui a des problèmes avec la loi et le modèle paternel. Il aime s'imposer des jugements de Dieu. L'archétype : Dostoïevski. Ce profil est le plus proche de celui des toxicomanes. Le deuxième est celui qui s'automédique par le jeu. Un anxieux, un déprimé qui vit des situations dramatiques (perte d'emploi, rupture, annonce d'une maladie grave). Il se sent victime d'une injustice et cherche réparation dans le jeu. Dans cette catégorie, on trouve davantage de femmes et de gens plus âgés que dans la première. Le troisième type regroupe les joueurs d'habitude, dont la culture sociale ou familiale a toujours valorisé le jeu.

Quand un stylo aide à guérir


Quand un stylo aide à guérir. Les exercices de rédaction interviennent de plus en plus souvent au cours des psychothérapies. À quoi servent-ils ?



Par Pascale Senk, lefigaro.fr du 21/03/2010

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éronique est sortie de sa dernière séance de psychothérapie avec un «devoir maison» pour la semaine prochaine : en quelques lignes, il lui faudra décrire les dix souvenirs les plus difficiles de sa vie, puis les dix plus agréables ; Daniel, à la demande du psychiatre qui le suit pour des problèmes d'anxiété, doit noter à heures régulières comment il se sent. Il a acheté un bipeur qu'il programme chaque matin pour ne pas oublier.

Véronique, Daniel et bien d'autres font partie de ces patients, de plus en plus nombreux, qui ont comme nouveaux alliés thérapeutiques un stylo et un carnet. Après la talking cure si chère à Freud et ses disciples, sommes-nous en train d'inaugurer l'ère de la writing cure ? Aucun doute pour Yves-Alexandre Thalmann, psychologue clinicien qui encourage ses patients à écrire à la maison et conçoit lui-même des petits livres d'exercices destinés au grand public (dernier paru : Petit cahier d'exercices pour voir la vie en rose, Éd. Jouvence) : «Désormais, nous sommes dans la psychologie active, avance-t-il avec enthousiasme, et les patients échaudés par des années de divan plus ou moins utiles apprécient beaucoup de participer concrètement à leur guérison !»

Ce léger coup de patte décroché à la science de l'inconscient a de quoi étonner. Freud lui-même ne notait-il pas scrupuleusement ses rêves ? «Oui, reconnaît Thalmann. Mais l'écriture n'était alors qu'un moyen de conserver des souvenirs, alors qu'aujourd'hui nous avons les preuves scientifiques qu'elle aide les patients à changer et à se sentir de mieux en mieux.»

Les recherches scientifiques sur les pouvoirs thérapeutiques de l'écriture ont commencé il y a plus de vingt ans quand James W. Pennebaker, professeur de psychologie de l'Université du Texas, a publié les résultats d'une étude étonnante. Il avait demandé à ses étudiants de se séparer en deux groupes. Dans le premier, il était demandé aux élèves d'écrire chaque jour pendant vingt minutes sur les pires événements de leur vie. Pour ceux du deuxième groupe, il fallait écrire pendant le même temps, mais sur des événements plus banals. Six semaines après, tous les étudiants étaient soumis à des tests sanguins. Ceux qui avaient écrit leurs traumatismes affichaient un net renforcement du système immunitaire, dans lequel tous leurs marqueurs étaient améliorés : taux d'anticorps, activités cellulaire, musculaire… et leur bien-être psychique avait sensiblement augmenté, ce qui n'était nullement le cas pour les étudiants de l'autre groupe.

Cette étude a inauguré en Amérique du Nord une suite de recherches qui toutes, les unes après les autres, n'ont fait que confirmer ce que Franz Kafka, Etty Hillesum et de nombreux écrivains savent intuitivement : noter ses pensées ou les événements importants de son existence aide à dépasser les chocs de la vie. Plus, cela aide à évoluer en modifiant ses comportements.

Succès éditoriaux

«Les patients qui souffrent d'un manque d'affirmation de soi apprennent à décrypter les circonstances dans lesquelles ils perdent pied, explique Yves-Alexandre Thalmann. Nous leur demandons de noter, tout de suite après une situation anxiogène, ce qui s'est passé en eux : “Je n'ai pas osé dire non quand mon boucher m'a servi un trop gros morceau de viande. J'ai ensuite ressenti de la culpabilité en sortant de la boutique, puis de la colère contre moi… ”» Peu à peu, l'écriture permet non seulement d'exprimer les émotions, mais aussi de mieux les distinguer les unes des autres. Prise de recul par rapport à ce qu'on vit, meilleure compréhension des mécanismes intérieurs sont particulièrement bénéfiques dans les cas de dépression. «Je demande au patient de noter ses pensées quand par exemple un ami ne le prend pas au téléphone et déclenche en lui des sentiments d'abandon : “il n'en a rien à faire de moi”, “il m'évite”. Puis, il doit remplacer ces phrases automatiques par des pensées alternatives. “Il est très occupé”, ou “il me rappellera quand il aura du temps”. Peu à peu, ce patient apprend à penser autrement.»

Écrire des lettres de gratitude ou de colère pour dégager les émotions qui encombrent, dialoguer avec des parties de son corps…, autant de bienfaits de l'écriture thérapeutique. Son succès n'a pas échappé aux éditeurs de psychologie : «Nous sommes passés des livres de connaissance aux livres qui aident à vivre», résume Jean Henriet, directeur éditorial des Éditions Dunod. Cahiers du bien-être et cahiers d'exercices abondent. Mais les best-sellers en cette catégorie sont ceux conçus comme des cahiers d'écoliers, réveillant sans doute une certaine nostalgie chez les lecteurs. Le retour à l'enfance serait-il incontournable ? Voici en tout cas un point sur lequel psychanalyse et écriture-thérapie s'accordent.

Pourquoi les enfants ont-ils besoin de super-héros?

vendredi 9 juillet 2010


Pourquoi les enfants ont-ils besoin de super-héros ? Spider Man, Harry Potter, Naruto… Les héros, avec ou sans ''super-pouvoirs'', font rêver les enfants, leur servent de modèles et, finalement, les aident à grandir



Par Paula PINTO GOMES, la-croix.com du 16/06/2010


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ls ont 3 ans et rêvent déjà de « super-héros ». À peine entrés à la maternelle, ils se passionnent pour des personnages à l’allure étrange et aux capacités hors normes. Des figures plutôt destinées aux grands et dont bien souvent ils ignorent tout ou presque. La fascination pour ces héros dotés de pouvoirs ou d’aptitudes extraordinaires commence ainsi dès le plus jeune âge et se prolonge au moins jusqu’à l’adolescence, sous l’œil parfois médusé des parents.

« Mon fils a commencé à parler de Spider Man en petite section, témoigne Dominique. Du jour au lendemain, il s’est mis à réclamer des jouets, des vêtements à l’effigie de l’homme araignée, alors qu’il n’avait jamais vu les dessins animés et encore moins les films. Cela nous a tellement déconcertés, mon mari et moi, que nous avons fini par lui montrer des images sur Internet ! »

Cet engouement, aussi spontané qu’inattendu, a en effet de quoi laisser les adultes perplexes. Mais, à 3 ou 4 ans, les bambins n’ont pas besoin d’en savoir beaucoup pour être captivés. Une image peut suffire à éveiller en eux curiosité et intérêt. « L’apparence du super-héros est déjà en soi intrigante, confirme Geneviève Djénati, psychologue clinicienne et psychothérapeute (1). Spider Man, en l’occurrence, porte un costume étrange, on devine ses muscles, on le voit accroché à une toile d’araignée ou en train de sauter... l’enfant sent une puissance qui l’attire. »

"La figure héroïque incarne une sorte d’idéal qui lui donne envie de grandir"


Il est d’autant plus sensible à ces représentations qu’il éprouve, à cet âge, un sentiment de faiblesse et d’impuissance face aux grands. « Comme il voit qu’il n’a pas les mêmes capacités que les adultes, il rêve de devenir un super-héros pour être aussi fort qu’eux et, surtout, aussi fort que papa et maman, ses premiers modèles, ajoute la psychologue. La figure héroïque incarne ainsi une sorte d’idéal qui l’aide à supporter les frustrations et lui donne envie de grandir. »

À la maternelle, il suffit en somme que le personnage soit impressionnant pour plaire. Le choix du héros dépend ensuite beaucoup du marketing qui désormais impose les modèles. Abreuvés de jouets et d’images, les enfants finissent par s’intéresser à ceux qu’ils découvrent dans la publicité, les rayons des magasins ou la cour de récré, sans toujours connaître leurs aventures. Iron Man, Ben 10, Naruto, les Winx... Impossible d’échapper aux succès du moment ou aux grands classiques – Spider Man, Hulk, Batman –, tous d’ailleurs plutôt destinés aux garçons. « L’univers des super-héros reste en effet très masculin, mais cela ne semble pas dissuader les filles, note Geneviève Djénati. En réalité, le sexe du personnage n’est pas déterminant pour les petits, attirés d’abord par ses caractéristiques exceptionnelles. »

Ces héros sont dotés d’une force phénoménale, ils peuvent voler, grimper aux murs… Les plus jeunes n’ont qu’une envie : les imiter... en imagination. En grande section de maternelle, un accessoire suffit encore : un masque ou une cape et les voilà transformés ! Ensuite, le processus psychologique devient plus complexe. « Vers 6 ou 7 ans, l’enfant passe du mimétisme à l’identification, explique Geneviève Djénati. Il sait qu’il n’est pas le personnage, mais pense qu’il pourra le devenir un jour. À travers cette projection l'enfant signifie surtout qu’il rêve d’être adulte, avec la puissance qu’il imagine et qu’il attribue généralement au père. »

Fort, courageux, intelligent, bon... le super-héros représente un modèle stimulant


Fort, courageux, mais aussi intelligent et bon (il met ses pouvoirs au service du bien), ce type de héros représente un modèle stimulant pour l’enfant, d’autant plus qu’il s’agit souvent d’orphelins obligés de s’en sortir seuls dans la vie. Encouragé par ces expériences, le jeune « apprenti » peut lui aussi se lancer dans des aventures imaginaires où il accomplit des exploits inaccessibles au commun des mortels grâce à ses fabuleux pouvoirs.

Si, à partir d’un certain âge, il ne s’attend plus à bénéficier des mêmes capacités que son idole, il ne renonce pas pour autant à tous ses rêves de puissance. Les garçons, en particulier, fantasment longtemps sur la force physique, captivés par les incontournables joutes entre les « gentils » et les « méchants » de l’histoire.

Des duels qu’ils retrouvent désormais aussi dans les combats de catch, où les lutteurs se déguisent en super-héros (2). « C’est le nouveau phénomène à la mode dans les cours de récréation, remarque le psychiatre Stéphane Clerget (3). Les élèves de primaire et de collège, en particulier, adorent, parce qu’il s’agit de bagarre autorisée, “pour de faux”, pour s’amuser. Le spectacle les fascine d’autant plus qu’ils ne peuvent plus se défouler dans des jeux un peu physiques à l’école, devenue très stricte sur les questions d’agressivité. » Heureusement, ce goût pour la bagarre ne les empêche pas d’être sensibles aux valeurs morales de leurs super-héros.

Les adolescents s’attachent à des figures qui leur ressemblent d’avantage


En grandissant, ils s’intéressent aussi à leur psychologie, préférant plutôt des figures complexes, fragiles ou marginales, plus proches d’eux en somme. Si à l’adolescence, ils apprécient toujours les super-héros des comics américains – Spider Man, Batman, Iron Man, The X-Men, Daredevil, Hellboy –, leurs faveurs vont également à des personnages différents (qui sortent de la typologie du super-héros) comme Harry Potter, les protagonistes de "Heroes" ou les vampires de "Twilight". Ces figures souvent ambivalentes séduisent à un âge où il est « rassurant de penser qu’il n’y a pas d’un côté le bien et le beau et, de l’autre, le mal et le laid, mais que nous portons les deux en nous », observe le sociologue Michel Fize (4).

À 14 ou 15 ans, l’identification au personnage fonctionne d’autant mieux que ce dernier partage les préoccupations des adolescents : amour impossible, vie nocturne dans "Twilight", vie au collège dans "Harry Potter"... Ainsi, le succès phénoménal des aventures du pensionnaire de Poudlard repose en partie sur le « balancement constant entre le dépaysement et le quotidien », relève Isabelle Smadja, agrégée de philosophie et docteur en esthétique (5). Un dépaysement qui ouvre à un ailleurs propice à la rêverie, par le biais de sorciers capables de se transformer ou de voler, et un quotidien qui permet de contempler, comme dans un miroir, une image sublimée de soi dans celle du jeune héros.»

Cet équilibre entre éloignement et proximité, propre à la littérature fantastique, très plébiscitée par les jeunes, permet à la fois de « donner un sens aux mystères du monde » et de « projeter certaines peurs autour de la mort et de la sexualité », analyse Stéphane Clerget. « Le goût des adolescents pour les créatures étranges – vampires, loups-garous, sorciers… – n’est pas sans rapport avec leurs propres transformations corporelles et psychiques, souvent vécues comme angoissantes. »

Objet de tous les fantasmes, le héros, avec ou sans « super-pouvoirs », rassure, donne confiance et aide finalement à grandir. Il accompagne vers l’autonomie, puis la vie adulte, jusqu’au jour où les fans deviennent à leur tour des héros… aux yeux de leurs enfants.


(1) Psychanalyse des dessins animés, Pocket, 6,50 €.
(2) Lire La Croix du 21/10/09.
(3) Ça sert à quoi les parents ?, Éd. Bayard Jeunesse, 9,90 €.
(4) Les Nouvelles Adolescentes, Éd. Armand Colin, 12,90 €.
(5) Harry Potter, les raisons d’un succès, PUF, 16 €.

les parents méchants



Texte supprimé pour raison légitime de droit d'auteur.

Schizophrénie: l'aspirine testée

mercredi 7 juillet 2010


Par Journal of Clinical Psychiatry, 06/2010

L'aspirine pourrait être efficaces chez certaines personnes atteintes de schizophrénie ou d'un autre trouble du spectre schizophrénique pour réduire certains symptômes, selon une étude néerlandaise publiée dans le Journal of Clinical Psychiatry.

Des recherches précédentes ont suggéré une amélioration des symptômes de la schizophrénie avec des médicaments anti-inflmmatoires tels que le Celebrex (célécoxib). Ces résultats suggéraient que l'inflammation pourrait contribuer à causer certains symptômes de la schizophrénie.

Laan Grobbee et ses collègues ont évalué si une médication pour traiter l'inflammation pourrait améliorer les symptômes de la schizophrénie. Ils ont choisi l'aspirine car les médicaments de la classe du Celebrex (les inhibiteurs de la cyclooxygenase-2) sont connus pour augmenter les risques cardiovasculaires.

Ils ont mené cette étude avec 80 personnes atteintes de schizophrénie, de trouble schizoaffectif ou de trouble schizophréniforme depuis moins que 5 ans. Elles étaient assignées au hasard à prendre, pendant 3 mois, 1000 mg d'aspirine par jour ou un placebo. Les 70 % qui prenaient déjà des médicaments antipsychotiques (olanzapine, clozapine, ou risperidone) continuaient de le faire.

Après trois mois, les personnes traitées avec l'aspirine présentaient une plus grande réduction de symptômes que celles ayant pris un placebo (selon l'échelle Posititive and Negative Syndrome Scale; réduction moyenne de 4,86 comparativement à 1,57 avec le placebo). Une amélioration substantiellement plus importante était constatée chez les personnes présentant une fonction immunitaire altérée.

L'aspirine pourrait ainsi agir sur une composante inflammatoire de la schizophrénie. Elle pourrait aussi théoriquement agir à travers d'autres mécanismes tels que le récepteur de la N-méthyl D-aspartate (NMDA), un autre domaine de recherche actif.

Des études futures sont nécessaires pour déterminer combien de personnes devraient être traitées avec l'aspirine pour qu'une seule personne en bénéficie fortement.

L'étude n'indique pas par ailleurs si l'aspirine pourrait être bénéfique chez les personnes atteintes de la maladie depuis plus longtemps que 5 ans.

Petit dossier sur les anti-dépresseurs.

vendredi 4 juin 2010


Les classes d'antidépresseurs généralement utilisées actuellement sont les inhibiteurs sélectifs de la recapture de sérotonine (ISRS) et les antidépresseurs atypiques. Un nouvel antidépresseur, le Valdoxan (agomélatine) dont la mise en marché a été autorisée en Europe au début 2009, est le premier de classe mélatoninergique (agissant sur la mélatonine).

- Les antidépresseurs inhibiteurs sélectifs de la recapture de sérotonine (ISRS) (dits antidépresseurs sérotoninergiques) ont été introduits au début des années 90. Leur action augmente la quantité de sérotonine disponible entre les cellules nerveuses.

Le premier antidépresseur de cette classe a été le Prozac (fluoxétine) en 1988. Le Zoloft (sertraline), le Luvox (fluvoxamine), le Deroxat ou Paxil (paroxétine), le Celexa (citalopram) et le Seroplex, Lexapro ou Cipralex (escitalopram) font partie de cette classe.

- Les antidépresseurs atypiques sont apparus vers la fin des années 90. Leur nom vient du fait qu'ils ont des mécanismes différents les uns des autres (inhibition de la recapture de différents neurotransmetteurs comme la sérotonine et la noradrénaline, etc.). L'Effexor (venlafaxine), le Remeron ou Norset (mirtazapine), le Wellbutrin ou Zyban (bupropion), le Buspar (buspirone), le Desyrel (trazodone), le Cymbalta (duloxetine) et l' Ixel (milnacipran) font partie de cette classe.

Les antidépresseurs des classes plus anciennes (1) sont parfois utilisés lorsque les plus récents n'ont pas bien fonctionné.

Efficacité

Dans la majorité des cas, au moins 6 à 8 semaines sont nécessaires avant qu'une diminution des symptômes de dépression soit observable. La prescription débute habituellement par une faible dose qui est augmentée graduellement jusqu'à l'effet désiré s'il n'y a pas d'effets secondaires trop incommodants. Il est important qu'un antidépresseur soit pris régulièrement tous les jours afin qu'il soit efficace.

Il est fréquent que plus d'un antidépresseurs soient essayés avant de trouver celui qui fonctionne le mieux ou encore qu'une combinaison d'antidépresseurs soit utilisée.

Les antidépresseurs sont habituellement prescrits pour au moins 6 à 12 mois.

Des recherches récentes ont montré une efficacité relativement faible des antidépresseurs. Voyez:

Les antidépresseurs ont très peu d'efficacité pour les dépressions légères et modérées NOUVEAU
Antidépresseurs: plus efficaces dans les essais cliniques que dans la vie réelle NOUVEAU
Antidépresseurs: une importante étude montre une faible efficacité
L'efficacité des antidépresseurs surestimée
Quelle est l'efficacité des antidépresseurs?
Antidépresseurs inefficaces après 6 mois? L'effet placebo pourrait être terminé


Effets secondaires

Les effets secondaires les plus fréquents sont les suivants: maux de tête, nausées, nervosité, insomnie, agitation et difficultés sexuelles. Ces symptômes s'atténuent et disparaissent le plus souvent après quelques semaines. Les difficultés sexuelles toutefois sont souvent plus persistentes. D'autres effets secondaires tels que la prise de poids et possiblement un risque plus élevé de diabète ont des conséquences à plus long terme.

Viagra et problèmes sexuels liés aux antidépresseurs chez la femme
Médicaments psychiatriques et gain de poids
Certains antidépresseurs favoriseraient le diabète

- Augmentation du risque de suicide:

Certaines études ont fait état d'un risque légèrement plus élevé de suicide chez les jeunes jusqu'à 24 ans dans les premières semaines de la prise d'antidépresseurs.

- Effets secondaires (et sevrage) de l'Effexor:

Recommandation de limiter l'utilisation de l'Effexor (Angleterre)

- Autres effets secondaires:

Certains antidépresseurs augmentent le risque de fractures

- Autres effets secondaires à l'étude:

Antidépresseurs: cause possible d'activité motrice lors de rêves violents
Les antidépresseurs peuvent agir sur le système immunitaire
Prozac chez l'enfant: effets sur la croissance? mise en garde de l'Afssaps

Sevrage

Les antidépresseurs doivent être cessés graduellement afin de minimiser les symptômes de sevrage dont les plus courants sont: les étourdissements, la bouche sèche, l'insomnie, les nausées, la nervosité et la transpiration.

Malgré l'arrêt graduel, il arrive que ces symptômes soient importants. L'Effexor et le Deroxat (Paxil) entraînerait plus fréquemment des symptômes de sevrage.

Voyez à ce sujet:

Le sevrage des antidépresseurs (Deroxat -ou Paxil, Seroxat- et Effexor notamment) parfois difficile
Antidépresseurs: sevrage malgré l'absence de dépendance?


Grossesse

Deroxat, Prozac et tabac pendant la grossesse liés à des anomalies cardiaques
Les antidépresseurs pendant la grossesse affecteraient le bébé
Grossesse et antidépresseurs: sevrage chez les nouveaux-nés


Enfants/adolescents

Seroplex (Lexapro) approuvé pour la dépression chez les adolescents (États-Unis) NOUVEAU
Prozac chez l'enfant: effets sur la croissance? mise en garde de l'Afssaps
Antidépresseurs pour les jeunes, une recherche appuie leur utilisation
Antidépresseurs déconseillés pour la dépression chez les enfants et ados
L’Agence européenne du médicament approuve le Prozac pour les enfants


Abus de prescriptions?

Dépression mal diagnostiquée et antidépresseurs mal prescrits en France
Des parlementaires dénoncent l'usage excessif des psychotropes (France)
11.3% des Belges se sont vu prescrire un antidépresseur en 2004 !
Les antidépresseurs sont les médicaments les plus prescrits aux États-Unis


Autres médicaments pour la dépression

Dépression: la kétamine réduit rapidement la suicidalité
La kétamine efficace pour la dépression résistante aux antidépresseurs
Dépression saisonnière: La mélatonine améliore l'humeur
La DHEA (''hormone de jouvence'') efficace pour la dépression?


Phytothérapie

Le millepertuis aussi efficace que les antidépresseurs contre la dépression


Autres traitements pour la dépression et les troubles anxieux

DOSSIER : Dépression
DOSSIER : Anxiété et troubles anxieux


(1) Ces classes sont:
Les antidépresseurs tricycliques
Les inhibiteurs de la monoamine-oxydase (IMO)

Source

Le traitement de la dépression


Les personnes atteintes d'une dépression modérée à sévère qui suivent une psychothérapie cognitive connaissent une plus grande amélioration de leurs symptômes (humeur, intérêt, ...) quand l'accent est mis sur les changements de pensées plutôt que sur les changements de comportements, selon une étude publiée dans la revue Behaviour Research and Therapy.

Ces résultats suggèrent que les thérapeutes cognitifs devraient se concentrer, du moins lors des premières sessions, sur l'utilisation de techniques cognitives visant à briser l'engrenage des pensées négatives.

Daniel Strunk, chercheur en psychologie à l'Université d'état de l'Ohio et ses collègues ont mené cette étude avec 60 personnes atteintes de dépression majeure. Les séances de psychothérapie étaient enregistrées sur vidéo afin de permettre l'analyse des techniques utilisées. Les participants remplissaient aussi des questionnaires qui évaluaient les niveaux de dépression à chaque séance.

L'étude portait sur les quelques premières semaines de traitement car des recherches ont suggéré que les plus grandes améliorations dans les niveaux de dépression se produisent à ce moment.

Les interventions centrées sur les changements de comportements (occupation du temps, activités pour sortir de la maison, ...) n'amenaient pas de changement dans les symptômes de dépression.

"Beaucoup d'attention a récemment été portée sur les approches comportementales pour traiter la dépression sévère et cela a pu amener certaines personnes à soupçonner que les techniques cognitives ne sont pas importantes pour les personnes les plus sévèrement déprimées", dit Strunk. "Mais nos résultats suggèrent que ce sont les stratégies cognitives qui amènent des améliorations durant ces premières semaines critiques de thérapie cognitivo-comportementale."

D'autres facteurs étaient aussi associés à l'amélioration des symptômes, notamment la collaboration avec le thérapeute pour établir un plan de traitement et suivre ce plan ainsi que l'engagement du patient dans le processus thérapeutique et l'ouverture aux suggestions du thérapeute.

Les chercheurs poursuivent leurs travaux pour mieux comprendre la nature des changements cognitifs et la façon dont ils affectent l'amélioration des symptômes.

"Nous essayons de comprendre si la thérapie cognitive conduit les gens à un changement profond de leur conception d'eux-mêmes ou si elle enseigne un ensemble d'habiletés qu'ils doivent pratiquer continuellement au fil du temps", dit-il.


Le système immunitaire, source de maladies mentales



Le système immunitaire, source de maladies mentales. Si quelques études avaient déjà montré des liens peu clairs des gènes qui favoriseraient certaines pathologies mentales et des problèmes immunitaires, c'est bien la toute première fois qu'un lien de cause à effet direct est observé entre système immunitaire et trouble comportemental.



Par Tristan Vey, lefigaro.fr du 280/05/2010


E
n montrant que la greffe de moelle osseuse sur des souris permettait de guérir chez elles un trouble comportemental, un prix Nobel de médecine a mis en évidence un lien de cause à effet surprenant entre système immunitaire et désordre psychique.

Pas évident d'imaginer qu'il puisse y avoir un lien direct entre le système immunitaire, qui permet de combattre virus et bactéries, et certaines maladies mentales. C'est pourtant ce que suggère le prix Nobel 2007 de médecine, Mario Capecchi, dans une étude publiée vendredi dans Cell. Avec son équipe, celui-ci a montré qu'une greffe de moelle osseuse, cette substance fondamentale du système immunitaire, permettait de guérir des souris atteintes d'un trouble comportemental bien identifié.

Capecchi a travaillé sur une population de souris souffrant d'une sorte de trouble obsessionnel compulsif (TOC) : elles se toilettent de manière pathologique et peuvent ainsi aller jusqu'à l'automutilation. Capecchi connaissait déjà bien cette maladie «mentale» puisque c'est lui qui avait montré un lien en 2002 entre ce désordre psychique chez la souris et la présence d'un gène mutant appelé Hoxb8. Le mécanisme précis qui permettait d'expliquer comment ce gène pouvait conduire à la maladie restait toutefois assez vague. Les scientifiques savaient simplement qu'il générait certaines déficiences dans les microglies, des cellules particulières qui se forment dans la moelle osseuse. Capecchi a tout simplement imaginé que ces cellules, qui migrent après leur formation vers le cerveau, étaient la cause de la maladie.

Sur les 10 souris dont les chercheurs ont «échangé» le système immunitaire déficient par celui de souris saines (par greffe de moelle osseuse), 4 souris ont été complètement guéries et les 6 autres ont montré de considérables progrès puisque leurs poils ont commencé à repousser et leur plaies à cicatriser. Pour le moment, il reste difficile de comprendre comment les microglies ayant migré dans le cerveau peuvent modifier le comportement des animaux. «Nous pensons qu'elles affectent les circuits neuronaux d'une manière ou d'une autre», explique Capecchi.


L'espoir de trouver de nouveaux traitements

Seule certitude, ce n'est pas en jouant sur la sensibilité à la douleur des souris que se manifeste le gène Hoxb8. Différentes équipes de scientifiques avaient en effet laissé entendre que ce gène induisait une diminution de la sensibilité qui aurait pu expliquer pourquoi ces souris pouvaient se toiletter jusqu'au sang. Cette théorie est battue en brèche par ces nouveaux travaux puisqu'aucun des cobayes n'a présenté d'accroissement de la sensibilité après la greffe.

Quelles applications pour l'homme ? Aucune pour le moment. Si le TOC animal étudié ressemble fortement à la trichotillomanie humaine (arrachage compulsifs de ses propres poils et/ou cheveux), Mario Capecchi souligne bien «ne pas proposer de faire des greffes de moelle osseuse sur des patients pour les guérir d'un quelconque trouble psychiatrique». Cette opération chirurgicale est en effet particulièrement risquée et n'est réalisée chez l'homme qu'en cas de vie ou de mort. Sans compter qu'elle est particulièrement coûteuse. Mais l'implication du système immunitaire dans un modèle permettant de comprendre les causes physiologiques des TOC reste fascinante. Si quelques études avaient déjà montré des liens peu clairs des gènes qui favoriseraient certaines pathologies mentales et des problèmes immunitaires, c'est bien la toute première fois qu'un lien de cause à effet direct est observé entre système immunitaire et trouble comportemental. La transposition éventuelle de ces mécanismes chez l'homme ouvre des perspectives vertigineuses. Avec, en ligne de mire, la mise au point potentielle de nouveaux médicament permettant de traiter plus efficacement la dépression, la schizophrénie ou encore les TOCs.

La musique pour soigner les acouphènes

jeudi 20 mai 2010


La musique pour soigner les acouphènes. Ces sifflements causés par une activité cérébrale anormale pourraient être combattus… par la musique





Par Sébastien Bohler cerveauetpsycho.fr du 16/04/2010


D
es neuroscientifiques allemands et japonais ont eu une idée ingénieuse pour réduire l'intensité des acouphènes chez les personnes qui en souffrent. Rappelons que les acouphènes sont des sifflements que certaines personnes entendent « dans leur tête » et qui ne correspondent à aucun son réel venant de l'extérieur.

Cette méthode novatrice consiste à faire écouter au patient ses morceaux de musique préférés, en en ayant préalablement retiré certaines gammes de fréquences. Le cerveau, n'entendant plus les fréquences habituelles, procède à une reconfiguration qui rend le sifflement interne plus discret.

Comment se produit une telle reconfiguration de connexions anormales entre neurones des aires auditives ? À la suite d'une perte de cellules ciliées de l'oreille interne (celles qui transforment les informations véhiculées par les sons en signaux traités par le cerveau), une petite gamme de fréquences sonores n'est plus transmise au cerveau. Les neurones du cortex qui traitent cette gamme de fréquences ne sont plus stimulés ; on dit qu'ils sont déafférentés. Dès lors, ils sont envahis par leurs plus proches voisins, qui les stimulent par des connexions excitatrices dites horizontales, au sein même du cortex et indépendamment de toute information sensorielle extérieure. L'apparition pathologique de connexions excitatrices (normalement, de telles connexions horizontales sont inhibitrices) crée ce qu'on nomme une zone d'acouphènes, composée de neurones déafférentés et de leurs voisins immédiats, qui s'autoactivent : ils émettent des sons parasites, des autoémissions qui ne correspondent à aucun son extérieur.

Peut-on réduire l'activité de la zone d'acouphènes ? Oui, de deux façons : on la prive de stimulations (en ne lui faisant plus écouter les fréquences susceptibles d'exciter ni les neurones déafférentés ni leurs voisins immédiats), et en stimulant les zones corticales environnantes, les « voisines des voisines immédiates ». C'est pourquoi on élimine des morceaux de musique préférés du patient les fréquences sonores qui stimulent la zone d'acouphènes. Les autres sons du morceau, toujours présents, stimulent les zones adjacentes de la zone d'acouphènes, mettant en action les connexions horizontales « saines » donc inhibitrices de l'activité des neurones de la zone d'acouphènes.

C'est ce qu'ont fait Hidehiko Okamoto et ses collègues, de l'Université de Munster, avec des résultats probants. Après six mois d'écoute régulière, l'intensité subjective des acouphènes avait baissé de 14 pour cent, et au bout d'un an, de 25 pour cent. Cette amélioration est à comparer avec l'aggravation globale de 10 pour cent en moyenne que connaissent les patients non traités au cours de la même période. Cette méthode, si elle devait être étendue à un grand nombre de patients, aurait l'avantage d'être peu coûteuse et agréable.
 

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